1994
LAGAF' EN CHANSONS
Spectacle de sketches et de chansons joué au Théâtre de Paris et en tournée
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On est au milieu des années 90 et Lagaf', porté au sommet de sa gloire par des tubes imprévisibles comme Le Lavabo et La Zoubida monte un spectacle décalé de la tendance de l'époque, loin du simple one-man-show succession de sketches.
Il faut tout le bagoût et le charisme de ce petit clown dégarni pour que le spectacle de plus de 2 heures ne déconcerte pas le public face à cette improbable suite de numéros comiques et de chansons à boire. C'est que Lagaf' choisit délibérément d'être en dehors des sentiers battus et rebattus, persistant dans le comique hors-norme.
Son show, il l'a voulu music-hall et non show-biz. Le spectateur se laisse prendre au jeu de Lagaf' qui l'entraîne dans son univers
déjanté. Batteleur génial et comique complet, Lagaf' nous en met plein la vue accompagné d'un orchestre sur scène - que des potes - et de quatre danseuses qui, à l'instar des clodettes, offrent
leur charme et leur beauté métisséé au public : les gafettes sont néées.
Interview Le Rire Mai 1994 par Olivier Lejeune
Quel est le principe de ce spectacle ?
Les musiques, elles donnent une sacrée pêche ! Le dosage musique-sketches, c'est peut-être la meilleure solution car c'est très varié.
Mais la musique ne prend pas le dessus, je reste toujours fidèle à moi-même. Pour la tournée, je présenterai le même spectacle. Je pars en tournée, non pas pour prendre de l'argent mais pour
présenter le spectacle parisien
Le soir de la première, as-tu eu le trac ?
Je n'ai jamais été dans un tel état : je pleurais dans ma loge ! Je ne pouvais pas monter sur scène. Je n'ai jamais été aussi mal. Comme dit Véro, ma femme : "plus tu montes en notoriété et plus tu prends peur". Quand tu fais un one man-show, t'es tout seul, mais là, t'as la lumière, les amplis, les guitares, les batteries. Tu te décharges du pids du public mais tout ce matos qui peut tomber en panne, c'est terrible.
Pourquoi tu n'as pas fait une générale ?
A partir du moment où l'on avait vendu 18 000 places avant de démarrer, c'était inutile de faire une générale et surtout de convier les critiques
Que reproches-tu aux critiques ?
Ils ne sont jamais monté sur scène, jamais écrit un sketch, parlé à un public sur scène. Et ces gens_là vont dire ce qu'ils pensent de moi ?! Je n'ai pas besoin d'eux pour vivre ! J'ai du mal à répondre à un type qui porte un jugement sur ce que je fais.
Quelle est la question qu'il ne faut jamais te poser ?
Je plains le journaliste qui entre dans ma loge pour me demander "Pourquoi vous appelle-t-on Lagaf'?". Ce n'est pas la peine d'être critique pour ça !
Sur scène, pourquoi piques-tu autant de fous rires ?
Quand je joue de la guitare et du violon avec la Guitoune,il n'arrête pas de me murmurer des conneries du genre "tu pues, tu perds tes
cheveux, je t'emmerde". Il y a longtemps que je voulais avoir des comparses sur scène, justement pour sortir de cette lourdeur à porter un spectacle en solitaire et pouvoir renvoyer la balle. Là,
mes 6 chansons, quel bol d'oxygène !
2
heures de rire
Au programme
La scène du théâtre de Paris est grande mais Lagaf' nous épate lorsqu'il n'est que sous la lumière d'une poursuite. Il chante, joue, interprète Six roses avec brio. Décidément à l'aise dans le rôle de pochtron, il lui suffit d'un tabouret pour recréer l'ambiance d'un bistrot où un poivrot se demande pourquoi les copains l'appellent "six roses".
Il enchaîne ensuite avec la Zoubida. Autre ambiance : un claquement de doigts et la scène s'illumine, les gafettes surgissent et
Lagaf' clown bondissant en djelabbah entraîne la salle de la banlieue nord au périph vers Barbès.
Hommages
Avec Guy Billard, recontré au club, qu'il considère comme son père spirituel, Lagaf' a composé un numéro génial avec un violon et une
guitare.
Ce spectacle est vraiment l'occasion à Lagaf' de rendre hommage à des personnnes qui l'ont inspiré. Lagaf', qui aurait rêvé être un
chanteur de rock, reprend "Toute la musique que j'aime" de Johnny Hallyday".
Ensuite, il joue un sketch de Fernand Raynaud, un sketch purement visuel où il est très bon, le noctambule qui se termine par un
gracieux jeu de lumière.
Côté sketch lagafien, avec le bègue ("certains brillent dans les conversations, moi je clignote"), la chanson française et l'audition, on est bien servi. Et tout se termine toujours en musique : Bo le lavabo et Casse-toi pour se moquer des paroles soient lénifiantes soient tristes à mourir des chansons françaises ; pour ne plus bégayer, Lagaf' doit chanter ; et Lagaf' finit par danser sur Etoile des neiges dans l'audition !
A la création du spectacle, Le Rire dirigé par Olivier Lejeune écrivait :
"Dans son final, Sweet Georgia Brown, Lagaf' prouve qu'il est aussi à l'aise au vocal qu'à l'oral ! Et comme le public ne cesse d'en
redemander, il bondit en caleçon à bretelles... en faisant une dernière fois le singe, cette-fois pour de vrai !"
Deux heures de rire non stop, un travail précis et efficace ! La salle comble ne s'y trompe pas. Chaque soir, elle lui fait une standing ovation ! Lagaf' n'avait nullement besoin de se faire
tatouer un oeil sur le pied droit... il sait où il met les pieds ! Le public est roi, il a élu Lagaf' !
Lors de la tournée en France, le public répondit présent.
Pourtant après ce spectacle Lagaf' ne remontra sur scène que pour une pièce en 2009 mais n'arrêtera pas de chanter
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